L’ajustement professionnel des selles — un domaine en constante évolution, fondé sur l’anatomie équine, la physique et la biomécanique — permet aux propriétaires de s’assurer que les selles conviennent réellement à leurs chevaux. Chaque année, les chercheurs en apprennent davantage, et leurs découvertes transforment ce que nous pensions savoir sur le fitting des selles. Voici quelques-unes des dernières avancées qui façonnent l’avenir du confort et de la performance équine.
Un bon ajustement de la selle : une responsabilité envers le cheval
Kathryn Nankervis, professeure associée au Equine Therapy Centre du Hartpury College and University (Royaume-Uni), rappelle que « nous avons une obligation éthique importante de garantir que l’animal dont nous avons la charge soit confortable et puisse se déplacer librement autant que possible ».
Cela implique d’adapter la selle à la morphologie du cheval et de regarder au-delà du dos. Un mauvais ajustement peut entraîner des lésions des tissus au niveau du dos, de l’encolure et des membres, car le cheval modifie ses mouvements pour compenser, explique Jorn Cheney, chercheur à l’Université de Southampton. Le comportement est également un indicateur clé : « Si le cheval est mal à l’aise avec sa selle, c’est clairement quelque chose que nous devons éviter. »
Alors, comment savoir si une selle est réellement adaptée ? Faites appel à un professionnel qualifié du saddle fitting. Les entraîneurs peuvent donner un avis, mais ils ne disposent généralement pas de la formation spécifique nécessaire pour une évaluation complète.
« L’évaluation est très approfondie, prend du temps et nécessite de nombreuses compétences », souligne Nankervis. « On ne peut pas supposer que l’expérience seule suffit. »
Plus d’un tiers des chevaux montés souffrent de douleurs dorsales, dont l’une des principales causes est un mauvais ajustement de la selle.
Pour les chevaux en entraînement intensif, travaillant à haut niveau ou portant des charges importantes, une selle sur mesure est fortement recommandée, ainsi que des contrôles réguliers et un réajustement du rembourrage.
Tester la selle en mouvement
On évalue souvent une selle lorsque le cheval est immobile — pourtant, ce n’est pas ainsi qu’il évolue sous la selle. Le mouvement modifie la forme du dos, et l’ajustement doit en tenir compte.
Selon Cheney, même si la colonne vertébrale du cheval reste relativement stable grâce à ses articulations serrées, ses muscles dorsaux, eux, changent. Une étude récente utilisant un système de caméras a montré que le dos du cheval s’aplatit nettement au pas et au trot.
Ces observations confirment que des selles mal adaptées peuvent endommager les muscles du dos. Les chevaux peuvent alors ressentir des douleurs, une diminution de la mobilité, une raideur, voire présenter des lésions cutanées ou des poils usés dus aux frottements. Leur foulée peut également devenir plus courte.
Les saddle fitters doivent donc se concentrer sur les zones du dos qui restent stables entre l’arrêt et le mouvement. L’objectif est d’atteindre un ajustement optimal garantissant le confort du cheval en permanence.
Un corps en constante évolution
Le dos du cheval évolue, souvent plus qu’on ne l’imagine. Avec l’âge, le travail, ou des problèmes de santé, sa morphologie change. La masse musculaire peut varier, et des facteurs comme l’alimentation, les maladies ou l’exercice influencent également sa forme.
« Nous savons qu’il est impossible de concevoir une selle qui s’adapte parfaitement à un cheval toute sa vie, ou même sur une année », explique Cheney.
C’est pourquoi un suivi régulier est essentiel. Il est conseillé de faire vérifier la selle au moins deux fois par an — voire plus en cas de convalescence ou de changements importants dans le travail.
« L’ajustement d’une selle est quelque chose de temporaire », rappelle Nankervis. « On cherche le meilleur compromis la plupart du temps, mais il faut accepter que le cheval change. Une selle sur mesure aujourd’hui ne le sera pas forcément demain. »
Un travail d’équipe
L’ajustement de la selle influence directement la santé, la performance et le bien-être du cheval. Il concerne donc plusieurs professionnels : vétérinaire, maréchal-ferrant, dentiste, ostéopathe ou physiothérapeute, coach, entraîneur et saddle fitter.
« Pour accompagner efficacement les propriétaires et optimiser le bien-être du cheval, ces professionnels doivent communiquer entre eux et avoir une vision globale », souligne Nankervis.
À retenir
Chaque cheval est unique, et son dos évolue constamment. La science du saddle fitting évolue elle aussi. Grâce aux recherches et à l’expertise de professionnels qualifiés, nous pouvons aller bien au-delà des approximations. Nous pouvons offrir à nos chevaux des selles réellement adaptées — pour leur santé, leur confort et leurs performances sur le long terme.


